11 juillet 2006
les portes du pénitencier
en photo: un test, grandeur nature, de l'efficacité d'un déodorant longue durée en milieu carcéral...
je ne dirai pas que je m'en faisais une fête... mais quand même, j'étais bien emballé par l'idée...
aujourd'hui, je devais commencer à faire des interventions théâtrales dans une prison... deux fois par semaine!... j'avais eu des contacts avec la médiatrice culturelle de la maison d'arrêt, et nous nous étions mis d'accord pour une dizaine de séances de deux heures pour mener à bien un court projet sur la représentation théâtrale de contes africains et asiatiques...
pour moi, c'était une continuité d'un travail fourni dans l'année... avec un de mes ateliers adultes, nous avions travaillé "la femme en milieu carcéral" (voir la photo)... pour ce faire, nous avions travaillé à base d'improvisations, et lu pas mal de livres de témoignages sur la question... ce qui m'avait déjà pas mal choqué, dérangé, interrogé... je savais que les conditions d'incarcération étaient mauvaises, mais lire des dizaines de témoignages nuits après nuits... croyez-moi, ça dérange!
(pour ceux que ça intéresse, voici une liste de quelques pistes de lecture: femmes en prison, de christel trinquier; médecin chef à la prison de la santé, de véronique vasseur; écorchées, sylvie frigon; trop de peines: femmes en prison de jane evelyn atwood... ce dernier avec des photos, certaines épouvantables, et des commentaires sur l'inégalité des chances des femmes devant la justice...)
bref, les représentations se sont bien passées, merci pour eux... et j'en reviens à mes moutons...
je devais donc commencer mes interventions dans la maison d'arrêt cet après-midi... las! une seule personne s'est inscrite, et l'atelier est du coup annulé! je suis déçu! non pour l'argent (je ne suis pas vénal) mais bien pour l'expérience humaine... déçu, déçu, déçu...
mes respects, en harmonie...
ps: je souhaite la bienvenue sur ce blog à la personne qui a tapé moustachu nu sur google pour venir ici... j'espère qu'il aura trouvé son plaisir (s'il veut, j'essairai d'aller demander à la prison si l'un des détenus n'aurait pas quelque part une collection de clichés qui l'intéresseraient...)
31 mai 2006
à tombeau ouvert
en photo: la tombe d'un homme qui sera illustre un jour (mais si, bon sang, ça va bien finir par payer, non?!?!?!?)
je continue le petit tour d'horizon des spectacles d'atelier que je mets en scène tout au long de l'année et dont les représentations vont avoir lieu les jours prochains... après le lavoir il y a quinze jours, voici la mastication des morts, de patrick kermann...
le pitch: dans un cimetière, tous les morts d'un village sont debout et racontent leur(s) histoire(s), et comment et/ou pourquoi ils sont arrivés là... comme c'est un petit village, et que tout le monde se connaît, les histoires se recoupent souvent et on apprend par-delà la mort des anecdotes sur les vivants... c'est donc une succession de sénettes que ce spectacle-ci...
bon, je savais pas comment vous le vendre, et en me relisant je me dis: pffffffffff, on va pas rigoler!
eh ben si - enfin, pas toujours, hein, parce qu'il y a des moments plus graves quand même - mais quand même, il y a plein de moments très amusants... pour les petits malins qui cherchent un exercice très difficile à faire en choeur au théâtre, je vous conseille par exemple "14-18", ça je vous assure c'est TRES compliqué à jouer...
je monte ça avec des jeunes de 11 à 16 ans, tous les mercredis après-midi... et contrairement au groupe du lavoir, l'année s'est très bien passée, malgré une salle de répétition pourrie!...
première représentation vendredi soir...
ça sent la fin d'année...
mes respects, en harmonie...
12 mai 2006
le lavoir
Il y a deux sortes d’atelier théâtre… d’un côté, celui où tout est facile, avec une chouette ambiance, des rires, de la création, de l’art parfois… ça bouge, c’est vivant, c’est enlevé… à ces ateliers-là, vous courez aux répétitions, parce que vous savez que vos interlocuteurs vous apporteront quelque chose, qu’il y aura échange, et découverte…
Et puis il y a l’atelier où il n’y a que des filles!
(nan, je jure que c’est pas de la misogynie… je vous assure… pour la plupart des meilleurs élèves que j’ai eu, le talent se conjuguait au féminin…Mais pour ça, sauf énorme exception, il y avait forcément des garçons sur scène… forcément…)
Parce que quand il n’y a que des filles…!!!!
(en fait, il y a bien un garçon, mais écrasé par 16 donzelles, alors!…)
Tout d’abord, le comédien (ou le professeur) doit trouver une pièce de théâtre avec une majorité de personnages féminins… bon, je choisis Le lavoir, de dominique durvin et hélène prevost, un « tube » du théâtre à jupon…
L’histoire: des femmes, le premier jour de la guerre 14-18, lavent leur linge sale, dans tous les sens du terme, dans un lavoir…
Voilà…
Seulement, toutes ces jeunes filles, adolescentes (je ne parle plus de la pièce, là, mais bien de mes élèves), ensemble, tout le temps sur scène - ce qui les obligeait, normalement, à être extrêmement concentrées… ça jacasse, ça critique, ça se moque, ça rit, et bien sûr ça se déconcentre…
tout l’exact opposé de ce que doit être le théâtre !!!!!!
Comprenez-moi bien: individuellement je les adore… mais ensemble !
Bon, la première est-ce soir, je vais faire les derniers réglages… le pire, c’est que je suis convaincu que la pièce va plaire, et que la plupart ont progressé, malgré tout, cette année…
Mais tout au long des séances, de leur part, quel manque de respect et d’harmonie…
05 mai 2006
à quoi bon?
Hier soir, je suis allé à une soirée de gala organisée par le conseil général de Vendée.
Ouais, je sais.
C’était une manifestation baptisée objectifilm, et ma question est… à quoi bon ?
Pour résumer, 5 équipes de dix jeunes devaient reproduire à l’identique la scène d’un film qu’ils avaient aimé… ce qui est finalement contre-culturel…
les jeunes reproduisent le jeu du comédien, sans y mettre d’état, d’affect, en se contentant de reproduire… où est la créativité ? et si le but était de leur faire découvrir les métiers du cinéma, pourquoi ne pas les accompagner dans un projet de court-métrage entièrement imaginé par eux ?
Bien sûr, comme toujours avec le CG de Vendée, les petits plats étaient dans les grands… Si j’y étais invité, c’est parce que des élèves de deux de mes ateliers étaient en compétition (parce qu’en plus, il y avait compétition !)
Ils ont remporté, avec une scène de Coup de foudre à Notting Hill, le prix spécial de camaraderie (ça c’est bien, et décerné par les accompagnateurs en plus !), le prix d’interprétation et finalement (ex æquo avec le 5ème élément) le Grand Prix…
Bon...
J’étais content pour eux, ils se sont éclaté, mais je pose encore la question… à quoi bon ?
ah oui, j'oubliais...
Mes respects, en harmonie
