bouffeur de yahourt

dans la vie, il y a les "Ham" (hommes au masculin, les vrais, les durs) et il y a... les bouffeurs de yaourt... et comme moi j'adore le sveltesse 0% à la fraise...!

30 juillet 2007

enfant de serrault

3007il y a des gens que vous appréciez parce que vous les voyez souvent à la télé, ou parce que ils vous "paraissent sympathiques"... mais en perdant michel serrault, j'ai perdu mille fois plus que ça...

j'ai perdu mon modèle.

non, je n'ai pas son talent (quel grand con pourrait se prévaloir de l'avoir?), mais pourtant c'est lui qui m'a donné les bases de mon jeu.
LA base de mon jeu...
cette base, cette fondation fondamentale de mon métier de comédien, elle se résume en 5 mots: "jouer comme jouerait un enfant".

et ça c'est michel serrault qui me l'a appris!

jouer avec attention. avec le plus grand des sérieux. les enfants sont extrêmement sérieux quand ils s'amusent (il faut voir un petit garçon jouer à la guerre ou une petite fille s'amuser avec sa poupée)...
mais sans jamais se prendre au sérieux. il n'y a aucune fierté chez un enfant dans le fait de bien jouer.
il joue, c'est tout.

c'est ce mélange d'application extrême, chez ce passionné de clowns, et de fantaisie délirante, qui faisait de michel serrault un enfant attardé, dans le plus noble des sens de cette expression.un comédien parfait.

oui, parfait. sans aucune appréhension dans ses choix de film, pouvant passer de la comédie la plus extravagante au monde (césar en 79 pour la cage aux folles) et la plus minutieuse retenue (césar 82 pour garde à vue).

michel serrault aimait jouer la comédie. il était un comédien. un modèle de comédien.

à tout jamais, mon modèle.

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21 juin 2007

music party

210607c'est la fête de la musique!!! (oui, je sais que c'est écrit un peu gros, mais la fête de la musique, c'est pas ce truc envahissant et sonore, qui encombre les rues et les oreilles, et dérange les grabataires grincheux qui n'ont quand même pas voté 4 fois cette année pour continuer d'entendre ce bazar dans les rues jusqu'à pas d'heure mais que fait la police à du temps de de gaulle c'était pas comme ça c'est bien une idée de la gauche ça la fête de la musique tous ces jack lang et autres pédés dégénérés viens te coucher gustave ah heureusement qu'ils t'ont sucré ton permis à cause de l'alcool ils nous auraient encore toute cabossée la cx ces bougnouls gustave non gustave sors pas ton fusil ça vaut pas le coup appelle plutôt les flics je suis sur que les jeunes en bas là-bas ils sont en train de fûmer de la drogue gustave qu'est-ce que t'as fait pourquoi t'as tiré tu vas voir qu'on va encore avoir des ennuis...)

soit dit en passant, je vous conseille de lire ou de voir jouer la rixe, de jean-claude grumberg, petite pièce en un acte d'une trentaine de minutes, et dont les quelques lignes ci-dessus sont directement inspiré...

juste un dernier mot pour souhaiter que cette année, la fête de la musique, dans certaines rues, soit bien la fête de la musique, et pas celle des baraques à frites et barbapapa!

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12 mars 2007

m'enfin et rogntudju!

gastonil y a juste un demi siècle que gaston lagaffe existe, et je voudrais rendre hommage à ce personnage délirant, sorti d'un des meilleurs dessinateurs (et scénariste) de la bande dessinée...

gaston lagaffe est né à une époque où, pour la plupart d'entre vous, vos géniteurs ne vous concevaient même pas en imagination, bande de petits chenapans espiègles! (pour les autres, le blog des bouffeurs de yaourts prends la carte vermeille avec réduction pour tous vos achats, rassurez-vous! nan, je déconne! allez, asseyez-vous sans bouder, lisez ce billet, et puis après vous finirez votre soupe avant d'aller vous coucher, il va bientôt être 18h20!)

c'est donc le 28 février 1957 qu'est apparu pour la première fois, dans le journal de spirou, le dénommé lagaffe gaston, sous la plume d'un jeune dessinateur, franquin...

au départ, l'idée était de créer un personnage dans le journal de spirou, qui serait un employé des éditions dupuis (qui produisait le journal, donc) et dont personne ne connaitrait l'emploi... mais qui ferait gaffe sur gaffe dans les colonnes de l'hebdomadaire (à l'époque, ça sortait tous les jeudis, jour des enfants... non, je sais bien que vous le saviez déjà, je disais pas ça pour vous, les patients de gériatrie... d'ailleurs, vous êtes encore là, vous? et julien lepers, vous allez rater julien lepers...)
par exemple, dans le n°995, il y a une page complète avec un dessin de Gaston, à la place d'une chronique écrite: gaston a mis son visage devant l'appareil photo au moment où on photographiait le texte!!! le dessin est accompagné des excuses de la rédaction...

franquin ne savait pas quoi faire de son anti-héros, un des premiers du genre, mais devant l'insistance de son redac en chef, et des lecteurs, il réalise quelques strips (6 cases), pour finalement occuper toute une page. pour ça, il collabore très vite avec son ami jidéhem, dont le vrai patronyme est de mesmaeker (oui, oui, le même nom que celui qui vient tout le temps - et ne réussit jamais à - faire signer les contrats!)...

18 albums plus tard, et un nombre extraordinaire de personnages fantastiques (prunelle, longtarin - le flic! - jules-de-chez-smith-d'en-face...), gaston lagaffe reste une des plus formidables réussites de la bande dessinée. et ses histoires peuvent se lire à tout âge, tellement son auteur avait le souci du détail et de la double lecture... et il serait injuste qu'il ne lui soit pas rendu un immense hommage...

ps: oui, maman, tu es née avant 1957, et non tu n'es pas vieille. c'était pour de rire. et reste pas trop devant l'écran, tu sais bien que le médecin t'a déconseillé d'abimer tes yeux, on sait jamais, on n'est pas à l'abri que tu doives t'en servir encore quelques années! ;o)))

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18 février 2007

la môme

la_m_mepour la fête des amoureux sortait la môme, film d'olivier dayan sur la vie d'edith piaf... avec en point d'orgue la magnifique histoire d'amour entre la môme et marcel cerdan...
autant l'avouer tout de suite: c'est absolument magnifique! vraiment!

 

je peux comprendre qu'on n'aime pas, hein... tous les goûts sont dans la nature, et l'histoire d'edith piaf peut en énerver plus d'un...
mais tout dans le film, de la réalisation, à l'interprétation, tout est réussi... pour moi, c'est le film français le plus accompli depuis cyrano de bergerac... et on ne voit pas comment ce film pourrait ne pas faire un carton aux césar (de l'an prochain)...

cotillard est exceptionnelle, j'ai découvert jean-pierre martins (que je ne connaissais pas, n'ayant pas vu laisse tes mains sur mes hanches), et il est un formidable marcel cerdan; il se trouve que j'aime plus que tout autre acteur depardieu quand il est sobre et doux, je n'ai jamais autant apprécié pascal greggory, et si on ajoute à ça les costumes, les décors, la maquillage (oh la la! ils se permettent des gros plans, ça dut être quelque chose de gigantesque que ce maquillage!!), on peut vraiment commencer à parler de chef d'oeuvre...

mais revenons à marion cotillard, et au titre du film. l'actrice (dont je n'étais pas plus fan que ça avant le film, d'ailleurs) nous donne une véritable leçon de jeu... en effet, pendant tout le film, et ce même lorsqu'elle joue une grabataire, elle joue... une gosse! une môme!! tout le temps! revoyez le film en vous disant dans chaque plan: c'est une vraie gamine, et vous verrez que le titre du film n'est pas qu'un hommage à son surnom de début de carrière... le titre annonce en fait le point de vue du réalisateur sur son oeuvre...
ne restait plus, pour marion cotillard, à nous faire croire à cette gamine de 20 ans, cette gosse de 30, cette enfant de 40 ans, et cette môme d'à peine 48 ans qui en paraissait 70 à sa mort!
elle a relevé le pari, avec un brio époustouflant, en imitant son (franc)parler, sa gestuelle, vocabulaire... sans la caricaturer...

courez, courez-y vite... et vous aurez des padam padam plein la tête...

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08 décembre 2006

juliette et son victor...

Juliette_Drouetorganisé par la mairie de paris, la maison de victor hugo organise une exposition, sous forme d'hommage poétique, à la muse de victor hugo, juliette drouet... ou plutôt sur la magnifique correspondance amoureuse en cette amante et son dieu...
ça c'est un vrai post de bouffeur de yaourts... qui parle du créateur du romantisme en france et de sa muse...

"Tes lettres, ma juliette, c'est mon trésor, mon écrin, ma richesse"... (Victor Hugo)

voici une des plus belles histoires d'amour de la littérature française.
et que celle-ci soit entre un homme marié qui multipliait les conquètes et une femme soumise qui arrêta sa carrière de comédienne pour se dévouer totalement à lui, ne changera rien à la puissance historique de leur passion...

"viens me chercher ce soir chez madame K. Je t'aimerai jusque là pour prendre patience.- et ce soir oh! ce soir ce sera tout! Je me donnerai toute entière à toi. J." (Juliette Drouet)

juliette drouet était la maîtresse d'hugo, mais beaucoup plus que ça encore. c'est elle qui organisa sa fuite pour bruxelles lors du coup d'état du 2 décembre 1851. d'une formidable beauté, elle arrêta sa carrière de (médiocre) comédienne, pour s'enfermer et écrire jusqu'à huit lettres par jour à son victor, son poète, sa religion, sa foi, qu'elle appellera - et c'est cocasse, "toto"(!). en 50 ans de passion, elle lui écrivit près de vingt mille lettres d'amour... 

"Ô mon Dieu inspirez-moi la confiance puisque vous ne pouvez pas m'ôter l'Amour. Faites que je crois en lui puisque je ne peux cesser de l'aimer." (Juliette Drouet)

plus qu'une maîtresse, drouet état à la fois une secrétaire (qui recopiait les manuscrits) mais aussi et surtout une muse pour hugo. comme elle avait été orpheline, recueillie toute petite par son oncle, elle lui inspira le personnage de cosette dans les misérables... et surtout, surtout, il se réunirent chaque année, pendant un demi-siècle, pour célébrer ensemblela date anniversaire de leur première nuit d'amour, celle du 16 au 17 février 1833...  ça sera également celle de la première nuit de marius et cosette dans les misérables!!!

"Femme admirable! elle m'aime! je l'aime! Cinquante ans d'amour. Nous nous reverrons dans la vie future." (Victor Hugo, 11 mai 1884, un an après la mort de Juliette)

Exposition Juliette Drouet
               Mon âme à ton coeur s'est donnée...
               Victor Hugo
               Maison de Victor Hugo, 6 place des Vosges, 75004 Paris
               10h/18h
               Plein tarif: 7€
               Réduit: 5,50€
               Jeunes (14-26 ans): 3,50€
               Gratuité: - de 14 ans

par ailleurs, vous pouvez retrouver les écrits de juliette et son roméo victor dans le livre Victor Hugo-Juliette Drouet, 50 ans de lettres d'amour...

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01 décembre 2006

le pouvoir n'est rien...

heroesnon, je ne vais pas vous faire l'apologie de la (géniale) série qui cartonne (à juste titre) aux états-unis en ce moment... je vais juste m'en servir pour vous poser la question stupide et futile du week-end.

bon, tout d'abord, le pitch, pour me faire comprendre...
dans le monde entier, des humains découvrent un beau jour qu'ils développent tous un pouvoir surnaturel. dans le fond, on dirait donc x-men, mais en fait, après 10 épisodes, nous sommes plus dans la découverte de ces pouvoirs et le bouleversement que ça cause à leurs vies (comme spiderman, si vous voulez). comment vont-ils gérer ça? vont-ils sombrer in the dark side of the force? ou sauver le monde?
et la force de la série repose moins sur des exploits extraordinaires et des effets spéciaux en cascade, mais plutôt sur les doutes et les peurs de ces êtres devenus hors du commun.

maintenant, ma question... (oui, vous me voyez venir, bande de petits chenapans vifs et joyeux, l'oeil pétillant d'une joie de vivre conférée par le plaisir de me lire. si.)
quel superpouvoir aimeriez-vous avoir parmi les suivants, et pourquoi? (oui, je vous avais dit que c'était stupide et futile, mais en même temps vous allez voir qu'on peut choisir des pouvoirs "égoïstes", "généreux" et/ou "salvateurs"...

entendre les pensées des gens.
pouvoir arrêter le temps et se déplacer dans le passé et le futur.
passer à travers les objets et les murs.
avoir un autre soi qui ferait ce qu'on n'ose pas faire.
pouvoir réparer toutes ses blessures et être presque immortel.
pouvoir voler.
pouvoir peindre des évènements tragiques du futur.
réparer les objets à sa guise.
dégager une gigantesque puissance radioctive
avoir le pouvoir de tous les autres quand on est en leur présence.

ribbon_aids_dayquel pouvoir, et pourquoi ce pouvoir...
et puis, messieurs les créateurs... si vous pouvez rajouter un petit pouvoir pour qu'il n'y ait plus besoin de mettre des petits logos un petit peu partout, chaque année le 1 décembre, ça serait cool...

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10 octobre 2006

grammaire et politique

ent_1des ents dans le Seigneur des Anneaux... les seuls à qui on ne reproche pas de parler la langue de bois! (oh! quel bon jeu de mot! vraiment, de la finesse, du bon goût... superbe jeu de mot! là, mercutio, tu t'es surpassé!)

avant-hier, dans l'excellente (bien qu'élitiste) émission de pascale lafitte-certa sur europe 1 (le dimanche de 15 à 16 heure), nous avons eu droit à un petit cours de grammaire... berk et re-berk, me feront l'immense majorité d'entre vous, persécutés que vous fûtes par cette activité barbare pendant des matinées monotones sur les bancs de l'école élémentaire et du collège... oui mais voila, lorsque vous savez vous en servir, la grammaire peut devenir une excellente arme, politique par exemple... la démonstration par trois, de façon extrêmement simple, a été donnée par l'invité, alain bentolila, professeur de linguistique à Paris V. prenons une phrase: Pierre a cassé le vase.
c'est une phrase de forme active: le sujet, Pierre, a fait l'action de casser le vase... c'est le sujet qui est coupable.
maintenant, tournons la phrase dans un sens différent: Le vase a été cassé par Pierre.
la phrase est cette fois-ci de forme passive: ce n'est plus le sujet qui fait l'action, qui est coupable, mais au contraire il la subit!
et alors me direz-vous? eh bien, apprenez, bonnes gens, que les hommes politiques usent cinq fois plus de la forme passive que vous et moi, communs des mortels... pourquoi? parce que la forme passive permet quelque chose que ne peut faire la forme active... elle peut l'oubli!
Le vase a été cassé!
et voici comment, grâce à une simple règle de grammaire, les hommes politiques parlent, de la façon la plus simple du monde, la langue de bois... ils ne mentent pas, ils oublient juste de dire une partie de la vérité... le souci, c'est que bien souvent, c'est la partie la plus importante...
allez, amusez-vous, maintenant, à remarquer ceci chez nos chers dirigeants, et ditez-vous, en consolation (?), que ça doit probablement faire partie de leur boulot...

mes respects en harmonie

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05 octobre 2006

pauvre cinéma

le_diable_en_pradaen photo: anne hataway et meryl streep... ou comment deux comédiennes, dont une pourvue d'un grand génie, tentent de surnager dans un bateau qui prend l'eau et dont le capitaine n'a probablement jamais pris les commandes...

je ne veux en aucun cas changer l'impression des gens qui ont vu et aimé le film, et je détesterais être critique de cinéma, tant il faut avoir de son propre avis une opinion hautement louable pour le décréter souverain... mais permettez-moi juste de soulever quelques points négatifs, qui ne demanderont qu'à être débattus, si besoin est... pardon, mais david frankel (pourtant l'un des réalisateurs de la formidable mini-série Band of Brothers, une des meilleures de l'histoire de la télé) et sa scénariste Aline Brosh McKenna ont tout faux du début à la fin... dès la première scène (musicale mais muette) du générique, on sent que le film ne sera pas "fin": les beaux mannequins s'habillent et se maquillent avec classe, quand l'héroïne ne fait pas attention à elle, et se contente de "passer ses fringues"... vous admettrez qu'on a fait plus subtile dans l'histoire du cinéma... le comble de ce manque de subtilité apparaît dans la scène des deux ceintures: certes, on a compris, la jeune fille s'en moque un petit peu de son apparence, mais il faut bien avouer que les costumiers (et la scénariste) l'ont affublé d'un pull plus qu'exagérément grossier! il faut qu'on sente la différence avec les autres? soit, gros pull bleu tout pas terrible!!! elle a un cv impressionnant: oui, mais au début, elle sera un peu cruche, elle saura même pas répondre au téléphone! autre chose: il y avait matière, avec le livre, de réaliser une comédie sociale - après tout, dans le bouquin, sa colloc est une paumée et son petit ami est prof en quartier défavorisé... on pouvait garder les bonnes choses du livre... pffft! tout ce qui aurait pu être bon: envolé! je ne veux pas énumérer toutes les erreurs qui m'ont agacé pendant le film, parce que je voudrais parler des comédiens: ils sont pour la plupart formidables, livrés comme ils l'étaient à eux-mêmes! croyez-moi, ils n'ont pas été dirigés du tout... anne hataway est touchante, mais à des années lumière de ce qu'elle sait faire (revoyez brokeback mountain, vous verrez!); dans mon billet sur le livre, j'avais écrit qu'il y avait une chose de pas mal, c'était les indications de jeu que l'auteur avait très bien retranscites ... c'est presque écrit pour le cinéma, pour être joué, tellement il y a d'indications scéniques, pensais-je... ah oui, mais il faut quand même diriger les acteurs, pour ça! la première secrétaire du "diable" avait plein d'expressions différentes pour montrer ses sentiments dans le bouquin, la pauvre Emily Blunt, qui joue le rôle dans le film, en est réduite à une seule et unique grimace de dédain... quelle pauvreté! vous me direz: "c'est bon, ça va, le bouquin, c'était pas du camus non plus, à quoi tu t'attendais?"...  je sais... mais voilà: il y a meryl streep! il y a ce diamant, ce bijou, ce saphyr, qui reste trop souvent planqué au coffre, et qu'on sort pour une fois, à qui on donne une exposition ô combien méritée... et tout ça pour la livrer à elle-même? vous trouvez ça formidable ce qu'elle a fait? imaginez alors ce que ça aurait donné si on l'avait dirigée! moi, je trouve qu'il n'est pas si méchant que ça, ce diable, dans le film... des patrons cons, il y en a un paquet! peut-être que le réalisateur aurait du l'être un peu plus, son film serait moins mièvre! en plus, on voit Miranda s'effondrer dans le film, ce qu'elle ne fait pas dans le bouquin - pur effet scénaristique pour offrir à "la" streep l'occasion (non fournie par le réalisateur) de nous montrer à quel point elle vaut un milliard de fois plus que ce qu'on lui donne! redonnez-nous kramer contre kramer, redonnez-nous out of africa, redonnez-lui des rôles pour la sublimer mais aussi des réalisateurs qui la méritent! la meilleure idée du réalisateur, cela aurait été de prendre l'histoire du point de vue de Miranda Priestly, au lieu de celui d'Andrea... au moins, il aurait eu une idée originale... même ça il ne l'a pas fait! du coup, merci les filles, bon boulot, vous m'avez sauvé mon film (qui reste un divertissement familial honnête) et tant pis pour l'art, vive l'establishment!

mes repects (pour la diva streep) en harmonie (avec son tailleur blanc)

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25 septembre 2006

god save la france

god_save_la_franceen illustration: god save la france. ce titre a été préféré à l'original: a year in the merde... pourquoi? ils avaient peur qu'on comprenne pas?

voila un livre très amusant, bourré d'humour anglais, dynamique, facile à lire (il ne faut que quelques heures, en même temps, on peut pas se taper des pavés tous les deux jours) et surtout plein de gentils règlements de compte envers "notre" beau pays de france - et ses habitants...

stephen clarke - qui, une fois recherche faite sur google, est moins mignon que ce que laissait entendre le livre, si je puis permettre - a cependant un certain bon goût pour la situation douteuse, pour le rire décalé et pour l'autodérision (ce qui doit le rendre charmant auprès des dames); pour tout dire, son écriture rappelle combien l'humour britannique est savoureux, intelligent, et beaucoup plus proche de sir laurence olivier que de benny hill (j'ai toujours pensé que les sketches grivois de ce dernier étaient moins anglais que cousins germains de nos comédies "légères" des années 70, telles "mon curé chez les ploucs" ou "elle suce pas que de la glace"...)

vous vous amuserez de ses mésaventures avec son patron, avec les femmes, avec notre administration publique, et avec nos rues de paris (c'est d'ailleurs ce dernier thème qui a donné le titre original à l'auteur...)

bref, un bon livre de métro ou de train, si on n'a pas trop peur de pouffer face à un voyageur lambda assis en face de vous (et qui, en plus, pourrait être anglais, le gredin!)

mes respects, en harmonie

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15 septembre 2006

les demoiselles de provence

demoiselles_de_provenceen illustration: les demoiselles de provence. c'est curieusement un anti-roman bouffeur de yaourt. on pourrait croire que c'est mièvre et niais, et en fait c'est bourré de politique et même de guerre... mais c'est vu sous l'angle de ces quatre femmes...

c'est juste avant les rois maudits. philippe le bel apparaît d'ailleurs à la fin du roman. raimon béranger, comte de provence, a réussi à créer un grand royaume de provence; mais pour le conserver, il lui faut un garçon légitime de sa très belle femme béatrice... oh, elle lui en a fait, trois, mais ils sont tous morts très jeunes. seules 4 filles ont survécu, toutes plus jolies les unes que les autres.
et c'est ainsi que ces 4 comtesses vont devenir reines de quatre grands royaumes, l'ainée - par exemple - épousant louis IX, le futur saint louis.

bon, c'est rigolo d'apprendre que saint louis était un chaud-lapin (la reine blanche, sa mère, lui jette à la figure qu'il emmène sa femme aux croisades pour assouvir sa lubricité), et plus sérieusement, de connaître certaines pratiques d'alliance, les cérémonies de nuit de noce (pas franchement érotique, la première nuit); les promesses, les mensonges, les partages, les dots, les croisades...

Carolismais pour tout dire, j'aurais un petit reproche à faire à patrick de carolis (président de france télévision, créateur de "des racines et des ailes", et donc passionné d'histoire)...
autant les tractations pour marier les filles - en gros, la première moitié du livre - sont passionnantes, autant la deuxième partie, sur les va-et-vient des différents pouvoirs, sont très lassants à la longue. un conseil, lisez-le en quelques jours, pas en deux mois: il y a tellement de personnages que vous en seriez perdus. à côté, le parrain, c'est le vieil homme et la mer...
et puis même tous ces retournements de situation sont une vérité historique, on finit par se dire que l'Histoire, avec un grand H, à force de se répéter, finit par anesthésier l'histoire romanesque.

même s'il faut quand même apprécier le roman historique, je pense qu'on prendra plaisir à voir comment ces femmes - souvent au moins aussi intelligentes que leur mari de roi! - tiennent leur place sur le trône...

mes respects, en harmonie

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